Le 10e Symposium international d’art in situ accueille onze artistes issus de Cuba, des États-Unis, du Québec et du reste du Canada. Ceux-ci ont été invités à concevoir des œuvres originales sous le thème Chemins et tracés, leurs créations étant appelées à prendre forme au sein de l’environnement unique des Jardins du précambrien.
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2009 Jennifer Stillwell
Née en 1972, Jennifer Stillwell vit et travaille à Winnipeg. Détentrice d’une maîtrise en arts visuels de l’École du
Art Institute of Chicago, cette récipiendaire de plusieurs bourses et prix a réalisé des installations au Canada, aux États-Unis et en Europe. Elle est représentée par la
Pari Nadimi Gallery de Toronto. (Site 7)
Projet
Forest Processes
Certaines des accumulations de Jennifer Stillwell sont discrètes au point d’être presque invisibles. Si on ne s’engage pas sur le chemin à peine tracé, si le regard ne se porte pas vers le sol, il se peut que l’on ne voie rien. Il y a cependant beaucoup à voir : des séries de formes rondes assemblées en groupes serrés, à l’image de formations naturelles. Ce type de structure se trouve couramment dans les cellules des plantes ou du corps humain. Les piquets de bois à l’extrémité acérée sont ceux-là plus manifestes et se dressent comme des reliquats de cultures primitives, alors que les agrégats au niveau du sol se composent de tuyaux de plastique, traces évidentes de la civilisation industrielle.
La solidité et la durabilité des tuyaux de plastique enterrés dans le sol miment la pérennité des structures naturelles, tout en leur apportant une dimension artificielle. La neutralité de la couleur participe à l’imbrication des formes artificielles dans le contexte naturel des Jardins du précambrien. Le travail de Jennifer Stillwell allie des éléments naturels et d’autres formés mécaniquement, qu’elle répète en séries afin de produire un effet de contraste signifiant. Elle utilise des matériaux « pauvres », c’est-à-dire ceux qui n’ont pas de valeur monétaire ou esthétique : le gravier, la terre, des paniers de plastique, des pots de métal… La banalité des objets est à l’image de la répétition des activités quotidiennes.
Le processus de création, également répétitif, possède une grande valeur pour l’artiste. C’est par la réitération de gestes simples ou complexes, effectués par elle seule ou avec l’aide de collaborateurs, que l’accumulation se produit et que le sens se crée. Le défi pour l’artiste a été d’affronter pour la première fois un espace totalement naturel, autre que celui de la galerie où les paramètres sont contrôlés, différent aussi de celui de l’art public urbain, où les contraintes sont plutôt d’ordre institutionnel.
Pascale Beaudet, commissaire
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