
2009 Lyndal Osborne

Projet
Contrepoint
Un chemin secondaire mène à un espace différent de la forêt environnante, celui d’un Contrepoint au monde naturel. 41 « arbres » artificiels ont été placés sur une grille géométrique qui a par endroits été légèrement décalée, pour éviter les accidents de terrain ainsi que les arbres véritables, tout comme dans les pratiques de reforestation.
Les motifs de ces arbres d’un nouveau type ont été tirés de deux photographies de Karl Blossfeldt (1865-1932), un photographe allemand qui photographiait les plantes avec une grande précision dans le détail, et sans y adjoindre leur habitat naturel. Cela dit, il n’est pas question de copie illicite puisque seulement certains détails ont été empruntés puis grossis un nombre considérable de fois.
La nature et la culture, ainsi que dans plusieurs autres œuvres du Symposium, sont profondément entremêlés. Le motif provient de la nature et y retourne, mais le matériau même sur lequel il est imprimé est une matière plastique totalement artificielle. Cependant, les bandes successives ressemblent aux anneaux des prêles, une plante de milieux humides qui se rencontre couramment au Québec, ou à des tiges de bambou.
La gradation successive des tons, du plus foncé au plus pâle, permet au bosquet artificiel de se confondre avec la forêt, bien que le camouflage ne soit pas total : une fois que le regard se porte de ce côté du sentier, il capte aisément la différence entre les formes naturelles et artificielles.
Avec cette nouvelle espèce d’arbres, tout en conservant une dimension esthétique, l’artiste amène un aspect critique. Sont ainsi visées les expériences des instituts d’agronomie ou des compagnies produisant les semences agricoles, qui créent des plantes génétiquement modifiées dont nous ne savons pas encore si elles auront des répercussions sur la santé ou sur l’environnement naturel.
Pascale Beaudet, commisaire




