
2009 Maude Léonard-Contant

Projet
Paysage gigogne La nature et la culture sont étroitement imbriquées dans le Paysage gigogne de Maude Léonard-Contant. Un jardin botanique n’est qu’une imitation approximative d’un paysage naturel, tout comme dans l’œuvre de Maude. Mais existe-t-il même un paysage authentiquement naturel, ou n’est-ce pas une image que nous nous en faisons ? Pour ne prendre que cet exemple, la forêt des Jardins du précambrien est jeune, elle date d’à peine quarante ans et de plus, elle a été aménagée, sillonnée de sentiers, plantée de nouveaux arbres. Les seuls témoins intacts de temps anciens sont les énormes rochers de l’époque glaciaire qui parsèment le terrain.
L’architecture du petit bâtiment réunit plusieurs références : le Crystal Palace, conçu pour l’Exposition universelle de Londres en 1851, les arcs d’une cathédrale, ainsi qu’une serre, dans le sens particulier d’un type de musée où sont conservées les plantes. Les espèces qui se trouvent placées dans la serre sont propres au terrain des Jardins du précambrien, mais le paradoxe de l’art veut que ce lieu de conservation ne soit pas aussi grandiose qu’une cathédrale et qu’on n’y admire « religieusement » qu’une nature copiée sur la nature environnante. Pour paraphraser l’artiste, elle y joue à Dieu, mais ce dieu a des absences.
Quant à la maquette qui se trouve à l’intérieur de la serre, elle présente une image en réduction de l’œuvre, un monde naturel imaginaire, une nature travestie et fluorescente, qui évoque les modifications génétiques apportées aux plantes, ainsi que les univers artificiels dans lesquels nous vivons. Elle brille de toutes les lueurs de l’impossible, mirage trop humain.
Pascale Beaudet, commissaire




