
2009 Duvier del Dago Fernández

Projet
Castillos en el aire/Châteaux en Espagne
Fabriquer ses rêves, c’est ce que Duvier del Dago cherche à faire dans ses installations, des dessins tridimensionnels constitués de fil synthétique. Pour l’artiste, le dessin n’est pas un art mineur, subordonné à la peinture ou à la sculpture, tel qu’il a été défini dès le XVIe siècle. Il faut toutefois ajouter que les moyens habituels du dessin se trouvent démultipliés par ce procédé très particulier, qui nécessite un espace considérable et où les tracés des fines lignes restent très visibles sur le fond vert de la forêt. Les œuvres précédentes de l’artiste représentent aussi bien des personnages que des objets : un jockey sur un cheval, un crâne, un avion, une auto… Pour l’artiste, le caractère diaphane de l’installation correspond à sa durée éphémère, ainsi qu’à la fugacité de la pensée.
La mer dans la forêt, c’est l’image poétique que l’artiste a choisie pour le Symposium, une antinomie qui devient possible par l’intermédiaire de l’art. Cette représentation de la mer, cependant, porte en elle quantité de références, aussi bien positives que négatives. Pour bon nombre de Québécois, la mer est un symbole de vacances, alors que pour les Cubains, elle est une frontière qu’il est difficile de traverser. L’eau est un élément étrange, difficile à contrôler, dont l’infiltration menace de tout recouvrir : nous marchons sous les vagues, dans le rêve de l’artiste, où nous évoluons dans divers registres d’émotions. Ainsi, l’image qui semble au premier abord innocente, quasi décorative, porte en elle toute une profondeur de signification.
Pascale Beaudet, commissaire




