Le 10e Symposium international d’art in situ accueille onze artistes issus de Cuba, des États-Unis, du Québec et du reste du Canada. Ceux-ci ont été invités à concevoir des œuvres originales sous le thème Chemins et tracés, leurs créations étant appelées à prendre forme au sein de l’environnement unique des Jardins du précambrien.
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2009 Fernando Rodriguez Falcón
Fernando Rodríguez Falcón est né à Matanzas (Cuba) en 1970. Diplômé de l’Institut Supérieur des Arts Plastiques de La Havane, il vit et travaille dans la capitale cubaine. Créés en collaboration avec son alter ego Fernando de la Cal, ses installations et tableaux ont fait partie de nombreuses expositions à Cuba, dans les trois Amériques et en Europe. (Site 1)
Projet
Punto ciego/Point aveugle
Fernando Rodriguez possède un double, Francisco de la Cal, qu’il a créé en 1991, alors qu’il était étudiant à l’Institut d’art de La Havane. Né en 1933 dans la campagne cubaine, Francisco de la Cal aurait été atteint de cécité à l’âge de 30 ans. Cet humble charbonnier se trouve aussi à être un artiste, mais autodidacte, proche de l’art naïf. Il appartient à la génération qui a été à l’origine de la Révolution alors que Fernando Rodriguez a été formé 20 ans après, assimilant les notions les plus contemporaines en arts visuels. Francisco communique ses idées à Fernando, qui réalise les œuvres.
Le charbonnier aveugle est souvent représenté dans les œuvres de Fernando Rodriguez, muni des attributs du non-voyant : lunettes noires et canne. Pour les Jardins du Précambrien, le personnage s’allonge démesurément jusqu’à former lui-même une canne et il se démultiplie jusqu’à créer une sphère. Pour l’artiste, qui utilise régulièrement cette figure stylisée dans des alignements formels, un tel rassemblement symbolise la rencontre des artistes lors du symposium 2009, tout en ayant une signification sociale. Le point aveugle du titre est celui de chaque individu, mais aussi celui des sociétés où nous vivons, avec leurs injustices et leurs inégalités.
Le personnage de Francisco de la Cal est tiré de l’histoire cubaine et des représentations populaires de l’île. Les séries de figures identiques produisent un effet formel emprunté à l’art minimaliste des années 1960, tout en questionnant la teneur de l’identité individuelle et collective. L’artiste comme créateur de formes et de commentaire social a pour lui un rôle à jouer dans l’évolution de la société.
Pascale Beaudet, commissaire
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